lundi 30 novembre 2009

Nous sommes tous Suisses

Ainsi les Suisses sont des criminels xenophobes tout pourris, racistes et moisis? A en lire les zezos ce matin, ça ne peut échapper à personne.

J'aimerai rappeler l'histoire du christianisme en deux mots. L'empire romain l'a pourchassé et martyrisé pendant trois siècles. Puis Constantin a cru utile et malin de lui accorder le statut de religion d'état. Ce qui signifiait que le christianisme avait les mêmes droits que les autres religions de l'empire même s'il refusait la loi commune.

Généralement, hélas, on s'arrête là. Car c'est ce qui vient après qui est intéressant. Ayant eu droit de cité, les chrétiens extrémistes ont commencé à vouloir plier les autres religions à leurs exigences au nom de leur point de vue du sacré et du blasphématoire. D'ailleurs, un empereur suivant en a eu marre, et face à leur intransigeance et surtout leurs excès menaçant la paix civile, les a interdit à nouveau. Le suivant les a réhabilité. Cela a-t-il calmé nos fadas prosélytes? Pas du tout. Ils n'ont eu de cesse, dés lors, d'interdire les autres religions. Ce qu'ils ont obtenu par la force en moins de deux décennies. Puis il se sont mis à pourchasser les hérétiques, c'est à dire les mal-pensants par rapport aux plus extrémistes d'entre eux. En moins de cinquante ans, leur religion est passé du statut de superstition orientale pour les esclaves et ennemi de l'empire à religion unique, dominatrice et tyrannique.

Quant aux éditorialistes bien pensants de l'empire actuel , ils feraient bien de relire leur histoire.

A bon entendeur....

P. Kerjean

mercredi 25 novembre 2009

Brève de prostitution

Les Hébreux considérait la prostitution comme une infamie mortellement condamnable.
Chez les Grecs et Romains antiques, elle était le propre de l'esclavage.
Dans notre société judéo-aristotélicienne, nous considérons donc la prostituée comme une esclave infâme.
Toute prostituée est une victime, tout consommateur de prostitution est un esclavagiste.

Pour en finir avec cette pratique d'un autre âge, le législateur devrait créer un délit de "recel d'esclavage" à l'attention des consommateurs.

Pierre Kerjean

lundi 23 novembre 2009

Brassens et le PS

Les socialistes sont impayables.

Face à la plus calamiteuse droite qu'on ai jamais eu au pouvoir, ils trouvent encore le moyen de se tirer une balle dans le pied.
Pour une fois, la doctrine de cette droite en fait d'immigration illégale change d'une manière intéressante qu'il conviendrait de saluer s'il ne s'agit pas, toutefois, d'un effet d'annonce démago sans lendemain comme la lutte contre les patrons voyous, les paradis fiscaux et les abus bancaires.
M'enfin, l'idée est là et elle est de taille: les droites qui se sont toujours contentées d'être plus ou moins répressives avec les clandestins eux mêmes, nourrissant une coupable compréhension pour les patrons "importateurs" de chair à dumping, semblent montrer enfin l'intention d'attaquer le mal à sa source. En effet, qui de plus fautifs que ces bandits qui font rentrer depuis des décennies des illégaux par millions pour casser le marché du travail quand le sacro-saint jeu de l'offre et de la demande est favorable aux salariés? Pourtant, ni le BTP ni le tourisme, gros consommateurs, ne peuvent arguer de la concurrence étrangère. Non, pour mieux gaver leurs actionnaires, trop d'acteurs de ces secteurs pratique la délocalisation inversée.
Lutter contre ces patrons indélicats, au nom de l'équilibre social et de l'humanitaire, me semble bien plus un combat de gauche que de droite.
Et bien non, Fillon annonce son intention de sanctionner les patrons et donneurs d'ordres fautifs, et que dit mémère Aubry? "Bonne idée mais faudrait voir l'application"? Non! "que le PS lui s'engagera résolument à traiter le mal à la source patronale"? Non!
Le PS dit que c'est un scandale et que lui régularisera massivement les illégaux.

Il vont finir par réussir l'abominable prodige de me faire voter pour Sarkozy.

Comme disait Brassens: "Quand on est con..."

P. Kerjean

samedi 21 novembre 2009

Au pil Henry

Il y a quelques siècles de cela : empalé le Thierry sur un piquet de touche, écartelé l’arbitre au bout milieu du rond central sous les lazzis des supporters… !!
Au vue des réactions passionnées et passionnelles qui fleurissent dans les médias depuis mercredi soir, ces gens là sont en passe de devenir de vrais criminels.
A cause d’eux, la France a montré son vrai visage : un pays de tricheurs, sans probité, sans foi ni loi… Oui, car le foot est le reflet de la société, bonne gens ! Bien sûr le reflet ! Car le sport, le jeu, le plaisir, les fautes qui en découlent c’est bien secondaire, ce n’est pas pensable qu’un sportif ne puisse être un saint au dessus de tout soupçon...Une main, pensez vous donc, une main, et c’est l’espoir de toute la verte Irlande qui s’écroule, et c’est l’image de la France qui est ternie ad vitam eternam. Battez votre coulpe, Françaises et Français et vite.
Le foot reflet de la société, d’accord mais alors aussi du fric, du politique puisque lui aussi tente de s’insinuer, d’y donner ses ordres, sa façon de penser……
Aux chiottes l’arbitre !!
Car n’oubliez pas que (dixit France Info hier matin) notre société s’esbaudit, se ravit des agissements des Virenque et surtout des Madoff et autres Kerviel, le peuple aime, en redemande, les vénère ces Arsène Lupin des temps modernes. Ah ma pauvre France qui se plait du terreau de la tricherie. J’ai mal.
Thierry Henry t’es trop méchant !!
Et même un syndicat de profs d’EPS a joué les vierges sidérées : il aurait fallu arrêter le match, s’excuser, rejouer, fouetter l’affreux, à quoi ça sert qu’ils se décarcassent ces pov profs à apprendre le fairplay toute l’année scolaire, si ce criminel d’Henry vient en une seconde mettre tout un apprentissage de la vie à terre.
En fait, la prochaine fois que je mets les pieds sur un terrain de foot, je me prosternerai devant le dieu ballon, notre guide à tous, et surtout j’oublierai que je suis là pour regarder une rencontre bonne enfant puisque l’enjeu est ailleurs.

Ram.

mercredi 18 novembre 2009

Plus beau le référendum sur le TCE

une explication du niveau d'audience du feuilleton "plus belle la vie" de France 3.

Avez vous déjà vu le feuilleton "plus belle la vie" sur France 3? Une des plus calamiteuses productions de l'histoire de la TV française. Acteurs nuls, jouant à Marseille mais parlant comme à Paname. Scénario affligeant, mélange de Cluedo et de niaiseries bien pensantes à vocation sociétale gôchouillarde. En effet, tout le monde n'étant pas Guedignan, on a là lamentablement échoué dans la chronique sociale et on s'est rabattu sur d'invraisemblables et sanglantes intrigues tapant systématiquement sur les mêmes ressorts: "ha que mais personne y me croit". Invariablement, les mères y sont toutes des salopes qui passent leur temps à abandonner leur gosse; les filles passent leur vie sur le dos en agitant les jambes, les mecs sont des gros lours soit carrément verreux soit concons et infantiles. La seule grâce appartient aux homos de la série, visiblement seule catégorie sociale fréquentable aux yeux du pool de scénariste.
Cette infâme brouet, cette daube caricaturale caracole néanmoins au sommet de l'audimat et chatouille même les stars de la grand messe du JT.
On peut s'interroger sur les raisons de ce succès. Évidemment on a entendu et lu de tout à ce sujet mais jamais, selon moi, la bonne raison: la propagande éhontée pour le TCE.
Fin 2004, le feuilleton plafonnait à 1.5 millions de téléspectateur depuis un an, chiffre calamiteux.
A peine six mois plus tard, le score monte démentiellement à 5 millions.
J'affirme que ce sont des gens ulcérés, révoltés, ecoeurés par l'invraisemblable propagande qui se déchainait surtout aux JT qui ont joué de la zapette pour aller sur France3.
"Plus belle la vie" ne présente qu'un seul intérêt, c'est que cinq millions de français préfèrent encore cette merde aux JT de TF1 ou de F2.

Et ça, c'est une sacrée bonne nouvelle.

P. Kerjean

mercredi 4 novembre 2009

Chiqué!!!!!

Quand j'étais gosse, dans ma banlieue prolétarienne des années 60, le samedi soir, il arrivait que mon père m'amène à la salle des fêtes voir une soirée de catch.
J'adorais ça. Voir ces colosses se balancer d'un coté l'autre, se sauter dessus, se faire des clefs, des étranglements avec toujours un bon et un méchant me ravissait. Avec toute la salle, je criais, trépignais, insultait l'arbitre ou le tireur au mauvais rôle. Mon père, ancien catcheur lui même, avait beau me tapoter en souriant sur la tête et me rappeler que si des gars si puissants avaient vraiment porté leurs coups, il y aurait eu mort d'homme à chaque combat, voir l'Ange Blanc punir Chéri Bibi ou le Bourreau de Béthune arracher les (faux) poils de poitrine de l'Étrangleur de Neuneu puis les souffler en l'air avec délice, me transportait dans une rage jouissive et libératrice.
Cependant, tout gosse que j'étais, tout comme le reste de la salle, je savais distinguer le bon grain de l'ivraie. Feindre les coups nécessite du talent et quand les lutteurs en faisaient trop, d'un coup, l'excitation tournait au grotesque et le public se mettait à hurler:
"chiqué!!! chiqué!!!!"
Généralement le combat tournait court et quand mon paternel allait au vestiaire saluer les vieux potes, les gars sifflés étaient visiblement mortifiés malgré les consolations reçues des frères de ring.

Aujourd'hui, quand je vois les gesticulations des parlementaires UMP sur chaque sujet, quand j'entends chaque éditorialiste crier au miracle de la liberté de parole dans ce parti, quand j'en entends d'autres décrire la sombre agonie que préfigure cette pseudo discorde, quand je vois les Raffarin, Coppé et autres monter sur leurs ergots pour l'HADOPI, la TP, la surfiscalité des bénéfices bancaires, la fin des niches fiscales sportives et tout autre sujet, pour finalement rentrer dans le rang comme un seul homme à l'heure du vote solennel, quand je vois ça, j'ai envie de crier:
-Chiqué!!!!!

Quand donc va-t-on renvoyer ces bouffons au vestiaire?

P. Kerjean

vendredi 30 octobre 2009

l'entreprise esclave

vers quoi pourrait aboutir l'évolution de la notion de propriété.


Apparemment, la propriété fonde la civilisation. Sortie de la protection collective de la structure clanique ancestrale, l'humain a vite compris que si l'abondance de bien ne faisait pas forcément le bonheur, le dénuement subi était la pire calamité qu'il puisse rencontrer.
Seuls deux mouvements ont voulu s'affranchir de la propriété: la religion, par une démarche individuelle et volontariste, d'une part, et la politique d'une manière autoritaire et collective. Les deux ont montré leurs limites.

Par contre, s'il semble que la propriété soit aussi incontournable qu'il y a quelques milliers d'années, ce que a considérablement changé c'est ce qui peut en faire l'objet et la limitation du pouvoir sur l'objet possédé. En fait, c'est la définition même de l'objet qui a changé.

Si aujourd'hui comme il y a trois mille ans, on peut toujours casser une assiette de colère ou revendre un outil, le champ d'exclusion de ce droit a heureusement évolué.

Dans l'antiquité, on considérait la possession d'êtres humains comme allant de soit. Qu'ils soient devenus objets par dette, conquête militaire ou filiation, l'objet humain, homme, femme, enfant, esclave, pouvait être vendu, exploité, torturé, tué au seul bon plaisir de son propriétaire. Ceci ne choquait personne et même un esprit ouvert comme celui d'Aristote ne le condamnait pas. Et pourtant, philosophes et religieux, siècles après siècles ont instillé dans les têtes que cette perception était malsaine, puis injuste, puis répréhensible, puis inadmissible. Et si aujourd'hui, il reste des poches de résistance, l'ensemble de l'humanité juge l'esclavage intolérable, juge qu'on ne peut ravaler l'homme au rang d'objet. C'est un sens indiscutable et irréversible de l'histoire.

A l'époque mérovingienne puis carolingienne, le roi considérait son royaume comme un bien propre dont il pouvait disposer comme d'un simple champ. A ce titre, chaque succession voyait l'édifice durement bâti par le précédent, séparé en autant d'héritiers. Cette perception de la propriété d'un royaume causa la perte et des mérovingiens et des carolingiens. Les derniers fonctionnaires impériaux de ces derniers, en s'appropriant dans une sorte de privatisation sauvage les entités territoriales qu'ils étaient supposés administrer ont retenu la leçon dans leur mise en place de la féodalité. Ils créèrent le droit d'ainesse. Mais ils continuaient de considérer leur fief comme une simple propriété. Encore une fois, les religieux, les philosophe et les tous nouveaux hommes politiques issus de la bourgeoisie croissante, instillèrent l'idée qu'un endroit où vivait plein de monde en commun ne pouvait se concevoir comme une vulgaire propriété. La notion d'état, mise en parenthèse depuis la fin de l'empire romain s'est imposée à nouveau. Malgré la volonté acharné des magnats actuels d'en finir avec les états pour nous replonger dans une néo-féodalité, on peut être rassuré malgré tout par ce sens de l'histoire.

Même chose pour la famille. Le pater familias romain pouvait tuer, vendre, faire ce qu'il voulait de sa femme et de ses descendants. Il y a encore un siècle, on considérait l'enfant comme un adulte en miniature qu'il convenait de dresser à sa volonté. Il y a encore à peine 60 ans, la femme était un mineur en politique, elle n'avait pas le droit de signature et le viol entre époux n'existait pas.

Idem pour les animaux. Il y a à peine quelques décennies, on pouvait impunément martyriser à loisir son chien, son chat, son cheval, son bétail. Aujourd'hui, c'est la correctionnelle et le déshonneur public.

Dans cinq siècles, dans mille ans, nos descendants ne nous considéreront-ils pas comme des arriérés abrutis d'avoir pu considérer qu'une entreprise, surtout une entreprise s'étendant sur plusieurs pays, conditionnant la vie de plusieurs dizaines de milliers de personnes et appartenant à une infinité d'inconnus puisse se concevoir comme une simple propriété privée?

P. Kerjean


PS: n'ayant pas de compteur, je serai reconnaissant à tout lecteur de laisser une trace de passage par un commentaire, même désobligeant. Même si ce n'est qu'une lettre, un chiffre ou un mot.
merci