Quand j'étais gosse, dans ma banlieue prolétarienne des années 60, le samedi soir, il arrivait que mon père m'amène à la salle des fêtes voir une soirée de catch.
J'adorais ça. Voir ces colosses se balancer d'un coté l'autre, se sauter dessus, se faire des clefs, des étranglements avec toujours un bon et un méchant me ravissait. Avec toute la salle, je criais, trépignais, insultait l'arbitre ou le tireur au mauvais rôle. Mon père, ancien catcheur lui même, avait beau me tapoter en souriant sur la tête et me rappeler que si des gars si puissants avaient vraiment porté leurs coups, il y aurait eu mort d'homme à chaque combat, voir l'Ange Blanc punir Chéri Bibi ou le Bourreau de Béthune arracher les (faux) poils de poitrine de l'Étrangleur de Neuneu puis les souffler en l'air avec délice, me transportait dans une rage jouissive et libératrice.
Cependant, tout gosse que j'étais, tout comme le reste de la salle, je savais distinguer le bon grain de l'ivraie. Feindre les coups nécessite du talent et quand les lutteurs en faisaient trop, d'un coup, l'excitation tournait au grotesque et le public se mettait à hurler:
"chiqué!!! chiqué!!!!"
Généralement le combat tournait court et quand mon paternel allait au vestiaire saluer les vieux potes, les gars sifflés étaient visiblement mortifiés malgré les consolations reçues des frères de ring.
Aujourd'hui, quand je vois les gesticulations des parlementaires UMP sur chaque sujet, quand j'entends chaque éditorialiste crier au miracle de la liberté de parole dans ce parti, quand j'en entends d'autres décrire la sombre agonie que préfigure cette pseudo discorde, quand je vois les Raffarin, Coppé et autres monter sur leurs ergots pour l'HADOPI, la TP, la surfiscalité des bénéfices bancaires, la fin des niches fiscales sportives et tout autre sujet, pour finalement rentrer dans le rang comme un seul homme à l'heure du vote solennel, quand je vois ça, j'ai envie de crier:
-Chiqué!!!!!
Quand donc va-t-on renvoyer ces bouffons au vestiaire?
J'adorais ça. Voir ces colosses se balancer d'un coté l'autre, se sauter dessus, se faire des clefs, des étranglements avec toujours un bon et un méchant me ravissait. Avec toute la salle, je criais, trépignais, insultait l'arbitre ou le tireur au mauvais rôle. Mon père, ancien catcheur lui même, avait beau me tapoter en souriant sur la tête et me rappeler que si des gars si puissants avaient vraiment porté leurs coups, il y aurait eu mort d'homme à chaque combat, voir l'Ange Blanc punir Chéri Bibi ou le Bourreau de Béthune arracher les (faux) poils de poitrine de l'Étrangleur de Neuneu puis les souffler en l'air avec délice, me transportait dans une rage jouissive et libératrice.
Cependant, tout gosse que j'étais, tout comme le reste de la salle, je savais distinguer le bon grain de l'ivraie. Feindre les coups nécessite du talent et quand les lutteurs en faisaient trop, d'un coup, l'excitation tournait au grotesque et le public se mettait à hurler:
"chiqué!!! chiqué!!!!"
Généralement le combat tournait court et quand mon paternel allait au vestiaire saluer les vieux potes, les gars sifflés étaient visiblement mortifiés malgré les consolations reçues des frères de ring.
Aujourd'hui, quand je vois les gesticulations des parlementaires UMP sur chaque sujet, quand j'entends chaque éditorialiste crier au miracle de la liberté de parole dans ce parti, quand j'en entends d'autres décrire la sombre agonie que préfigure cette pseudo discorde, quand je vois les Raffarin, Coppé et autres monter sur leurs ergots pour l'HADOPI, la TP, la surfiscalité des bénéfices bancaires, la fin des niches fiscales sportives et tout autre sujet, pour finalement rentrer dans le rang comme un seul homme à l'heure du vote solennel, quand je vois ça, j'ai envie de crier:
-Chiqué!!!!!
Quand donc va-t-on renvoyer ces bouffons au vestiaire?
P. Kerjean
1) dans les annees 60, tu portais pas encore des couches ?
RépondreSupprimer2) j'ai aime le catch, et j'en ai revu recemment sur une chaine de TV de l'est, et j'ai retrouve le plaisir d'antan. Quels talents !!! Mais si, a l'epoque, il ne serait venu a l'idee de personne de tester chez soi, le soir entre amis, quelques prises ou chutes legendaires, un commentaire accompagne aujourd'hui les seances de catch : n'essaye pas de reproduire chez toi ce que tu vois ici !!! Tu vois, le monde progresse ...
3) comparer ce sport noble pratique par des pros avec une armee de godillots aux ordres me parait un raccourci mal a propos. Et puis moi, j'ai plutot envie de leur crier "au chiotte" !!!
Mais je n'ai pas ta bonne education.
"je criais, trépignais, insultait l'arbitre ou le tireur au mauvais rôle"
RépondreSupprimeret comme petit Kerjean est devenu grand....