mercredi 25 novembre 2009

Brève de prostitution

Les Hébreux considérait la prostitution comme une infamie mortellement condamnable.
Chez les Grecs et Romains antiques, elle était le propre de l'esclavage.
Dans notre société judéo-aristotélicienne, nous considérons donc la prostituée comme une esclave infâme.
Toute prostituée est une victime, tout consommateur de prostitution est un esclavagiste.

Pour en finir avec cette pratique d'un autre âge, le législateur devrait créer un délit de "recel d'esclavage" à l'attention des consommateurs.

Pierre Kerjean

23 commentaires:

  1. Il me parait bien difficile de tirer d'un coup de plume cette pratique pluri-millénaires en créant une nouvelle loi, empilable comme des poupées russes dans toutes celles qui existent déjà, TOC frénétiques rencontrés chez tous les serviteurs "m'as-tu-vu" du nain.

    Et si on commençait par tenter d'éradiquer la pauvreté dans les pays pauvres et dans les autres, et aussi les trafiquants et souteneurs de chair humaine partout où ils se trouvent sur notre planète bleue ? Après ça, si je veux faire commerce de mon corps, il n'y a que moi que ça regarde, et les clients à satisfaire, comme pour le jambon ou les portables !!! J'pourrais même, si les affaires marchent bien, acheter du temps de pub pour les cerveaux mis à ma disposition sur les chaînes privées ... de public !!! Ou bien me faire coter au Caca40 avec des fonds apportés par le Vatican via des paradis fiscaux !!! Le pied, quoi !!!

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  2. Il ne s'agit pas d'attendre d'une loi le miracle mais par contre de bien faire entrer dans le crane des consommateurs qu'en participant à un viol rémunéré, ils sont des criminels.

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  3. Cher utopiste,
    Pour qu'une loi soit utile et utilisée, il faut qu'elle soit simple et que des moyens soient mis en place pour l'appliquer. D'autre part, si on détruit la source de la prostitution (pauvreté, commerce d'humains), et que les consommateurs ne trouvent plus d'articles sur le marché, on aura fait un grand pas en avant. Mais vu l'argent que ce commerce génère, et la pauvreté qui s'accentue un peu partout dans le monde, je suis très pessimiste quant à une disparition rapide du commerce sexuel.
    Et puis faire entrer dans le crane des consommateurs qu'en participant à un viol rémunéré, ils sont des criminels, c'est comme de vouloir soigner une jambe de bois avec du mercure au chrome.
    Enfin, c'est mon avis ...

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  4. Vu la mentalité d'un gars capable de considérer qu'une passe tarifé de 2 minutes est une relation sexuelle, et vu qu'on est déjà largement au courant de ce qu'est la réalité de la prostitution en France, je doute qu'une loi le rende plus conscient. Tu n'obtiendrais probablement qu'un déplacement du problème vers des zones plus sombres encore, avec des risques encore supérieurs pour ces pauvres femmes.

    Je serais plus adepte d'une vraie chasse aux proxénètes, avec de vrais moyens pour aider les victimes et les inciter à dénoncer leurs bourreaux, et de vraies décisions de justice contre ceux ci (ce qui est mal barré vu la facheuse tendance de cette dernière à massacrer les gens normaux alors qu'elle fait preuve d'une clémence plus que douteuse avec les ordures...)

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  5. PS : qu'était-il arrivé à ton site ces derniers temps ?

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  6. @Donald et Gally

    je ne suis pas d'accord avec vous. Je suis stupéfait de constater, à chaque discution sur le sujet,le pourcentage énorme de gens qui justifient la prostitution en parlant "de relation librement consentie".
    Or, toutes les études prouvent que la quasi intégralité des prostituées ont été, soit victime d'un dressage soit victime d'abus sexuels dans leur enfance.
    Dans tous les cas, le client bénéficie d'un viol contre une somme d'argent.
    C'est cette réalité là que la loi mettrait au jour. Comme en Suede où la loi anti-consommation de prostitution a été initié selon ce principe. Evidemment, la prostitution n'a pas cédé mais elle a fortement regressé.
    Aujourd'hui, le consommateur de prostition ne se sent absolument pas fautif et encore moins criminel. Alors qu'il est la raison même de cette exécrable esclavage

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  7. Cher Pierre,
    Dans mon commentaire, tu ne trouveras nulle part une quelconque justification à la prostitution, ni un quelconque sentiment de complaisance pour l'acheteur. C'est l'idée de loi qui me dérange. Sans proxénète et sans pauvreté, la prostitution se tarira d'elle-même. Je rejoins Gally sur son idée de chasse aux proxos. Car avec ta loi sur les consommateurs, tu ne feras, à mon sens, qu'imiter les radars automatiques sur les routes de France. Tu feras du chiffre, mais pas baisser les chiffres.
    Quelle est la réalité de la situation en Suède après avoir initié sa loi anti-consommation de prostitution ? Quels moyens ont été donnés à la loi pour être appliquée ? Où a migré la prostitution suite à cette loi ? Voilà des réponses qui m'intéressent.
    Tu dis toi-même que la prostitution n'a pas cédé même si elle a fortement regressé.
    Et puis je te trouve très repressif pour le consommateur de prostition, et trop peu pour tout le système qui met de la chair fraîche à sa disposition. Et je ne suis pas d'accord quand tu affirmes qu'il est la raison même de cette exécrable esclavage. Pour moi, la raison est principalement lucrative ...

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  8. Non, non, on peut patauger, c'est même recommandé.

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  9. C'est naturel pour les canards, de patauger dans la grande mare !!!

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  10. Un peu rapide, votre historique de la prostitution, qui fait l'impasse sur la "prostitution sacrée", qu'on retrouve dans la Haute Antiquité dans presque toutes les civilisationns (mésopotamienne, grecque, hébraïque, indienne, etc)

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  11. @Elie

    c'est voulu. Pour trois raisons:

    1: faire court
    2: la prostitution sacrée de la haute antiquité sert généralement de tarte à la crème à tout ceux qui veulent justifier l'esclavage prostitutionnel.
    Par ailleurs on en sait fort peu sur cet esclavage là. Le "sacré" a rarement été synonyme de volontaire.
    3. Notre civilisation est essentiellement judéo-romaine

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  12. Il me semble que la grande difficulté vient de l'impossibilité de définir où commence exactement la prostitution.

    OK, les bordels, le tapin dans la rue, c'est clair.

    La prostitution par Internet, un peu moins: certaines dames sont parfaitement libres, sans proxénètes, et font ça soit régulièrement, soit occasionnellement; idem pour les "étoiles filantes", ces femmes qui se prostituent trois ou quatre fois par an, pour boucler des fins de mois, souvent avec quelqu'un qu'elles connaissent.

    Et quel statut pour les "femmes entretenues" (ça a disparu, je crois, mais c'était fréquent jusqu'à la 2è guerre) qu'un (ou parfois deux ou trois) monsieur(s) entretenai(en)t dans un logement qu'il(s) lui payai(en)t?

    Et, à la limite: quid de la jolie jeune femme qui épouse un vieux mec riche?

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  13. encore une fois on tourne autour du pot. Les cas particuliers envoyés systématiquement en tarte à la crème ne peuvent pas cacher les 99.9% de femmes, d'êtres humains qui font ce métier soit suite à un dressage par des pros, soit suite à des abus sexuels répétés dans l'enfance.

    La belle de jour existe peut-être dans les fantasmes de quelques "clients" qui aiment à croire qu'ils ne participent pas à un crime mais la réalité, elle, est bien plus sordide que ça.

    Ce genre de tarte à la crème me rappelle ce principe qui veut qu'à chaque fois qu'on parle femme battue, il y a un mec(toujours un mec) pour parler des hommes battus...

    Pour la fille jeune et jolie avec un vieux riche, on est dans la vénalité, pas dans la prostitution. A moins que la fille n'ai été forcée.

    La prostitution elle, est systématiquement le fruit d'un viol. En ça, le consommateur participe à un viol et bénéficie d'un(ou d'innombrables) viol.

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  14. Il me semble qu'il n'y a guère d'autre solution que le système suédois: s'attaquer au client, pour faire disparaître un commerce, faute de demande.
    La mondialisation a rendu impossible la lutte contre les réseaux, devenus trop vastes (Eurpope de l'Est, Afrique)et trop puissants,les rares qui sont démantelés étant aussitôt remplacés par d'autres.

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  15. Je crois qu'il n'y a effectivement que ce modèle là.
    Tant qu'il y aura de la demande, il y aura du bizness.
    Aujourd'hui, un consommateur de prostitution n'a absolument aucun remord ni sentiment de malfaisance.
    Une législation répressive pour lui et le montrant socialement comme délinquant aurait une vertu "pédagogique".
    C'est en écoutant les militants suédois de cette cause que j'ai été secoué par l'évidence de l'argument et le sentiment de monstruosité ordinaire.

    Un peu comme pour l'interdiction de la fessée. En Norvège, 80% des gens étaient contre cette loi quand elle a été votée. 10 ans après, ils sont 80% à considérer qu'elle a été utile et a fait évolué le rapport adulte-enfant.

    Je crois que le jour où flics et magistrats foutront la paix à ces pauvres petites et concentreront la "vertu éducative" de la répression sur les consommateurs, notre société aura fait un grand pas.

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  16. Je me fais à l'instant, et pour la première fois, la réflexion que la problématique est peut-être la même pour les drogues...Des réseaux trop vastes etpuissants pour pouvoir espérer les démanteler,la seule possibilité est donc d'assécher le marché en s'attaquant au consommateur...c'est-à-dire le contraire de ce que nous faisons jusqu'à présent, en tolérant pratiquement la consommation...
    Bon, c'est trop récent comme réflexion, faut que j'y pense un peu.

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  17. Il me semble qu'il y a une différence fondamentale entre les deux. Le drogué ne nuit qu'à lui même, il est donc absolument incapable de se culpabiliser. Alors que le consommateur de prostitution paye un viol.
    Je crois que la grande majorité des consommateurs de prostitution ne pratiqueraient plus s'ils avaient cette conscience aigue de participer à un crime.
    Alors que le consommateur de drogue peut dire "foutez moi la paix, s'il y a crime, c'est du fait de la prohibition. Légalisez, commercialisez et vous n'aurez plus de réseaux criminels."

    mais sur ce sujet, par contre, je crois qu'il y a une volonté politique de laisser perdurer les économies parallèles pour ne pas risquer l'explosion. A une époque, on tâchait de ne pas désespérer Billancourt, maintenant, c'est la Courneuve.

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  18. "La grande majorité des consommateurs de prostitution ne pratiqueraient plus s'ils avaient cette conscience aigue de participer à un crime"

    Vous avez une idée bien optimiste de l'homme, qui s'est accomodé pendant des millénaires de l'esclavage (pas seulement sexuel) sans en perdre le sommeil, et qui ne l'a aboli que quand il a cessé d'être rentable.

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  19. Comme vous le savez bien, c'est mignon à c't'âge là. Si je ne croyais pas un minimum au père noel, je m'en serai déjà flanqué une.

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  20. Pas besoin de croire au père Noël pour agir comme s'il existait...Sisyphe, etc.Quant à imaginer Sisyphe heureux, c'est peut-être trop demander... Avoir le désespoir serein, ce n'est déjà pas mal.

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  21. l'espoir... l'abandon de volonté... le début du bonheur...

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  22. Entre la lucidité et une certaine conception naïve du bonheur, il faut choisir...(d'aileurs, ce n'est pas un choix volontaire, il s'impose de lui-même).
    Mais rien à voir avec l'abandon de la volonté, au contraire; les pessimistes actifs sont les plus actifs, parce que les échecs ne les découragent pas et les succès sont d'heureuses surprises.

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  23. ben justement, c'est pour ça que l'espoir est un abandon de volonté. Ou je décide d'arriver là ou j'espère y arriver.

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